09/08/2016

Ce jour qui est un jour comme les autres

                                                  Yasmin et Charles à Singapour

Aujourd'hui c'était mon anniversaire. Je me suis acheté une petite boîte d'aquarelles bon marché et du papier à origami dans un magasin de fournitures d'art, puis je suis allée à l'hôpital voir ma belle-mère qui s'est cassé la hanche. Elle était d'humeur fantasque parce qu'ils l'ont bourrée de médicaments et n'a rien voulu manger. 

À la bibliothèque, j'ai lu Le journal d'un wombat. C'est un excellent livre qui retrace avec finesse et pudeur les multiples périples d'une semaine dans la vie d'un wombat, ce mammifère charmant à la corpulence prononcée. Yasmin était moins intéressée que moi, elle préférait disposer des coussins dans les rayonnages. Plus tard, elle est tombée d'une banquette. Heureusement que dans cette bibliothèque ils aiment les enfants ! 

On a petit-déjeuné au café Troppo et j'ai pris des gaufres, ce qui ne m'arrive jamais. C'était la journée de la transgression. Ben en fait j'étais très déçue car elles avaient un goût de farine complète, ce qui est vraiment naze pour une gaufre.

J'ai lu La Végétarienne de la romancière coréenne Han Kang et l'ai trouvé vraiment génial (je pèse mes mots hein), bien qu'assez angoissant. (Entre nous soit dit, ce n'est pas du tout un texte militant sur le végétarisme.) J'ai aussi beaucoup aimé ce livre de Ben Rawlence sur le camp de réfugiés de Dadaab au Kenya. Je m'interroge sur Édouard Louis, un auteur qui semble avoir tendance à écrire des livres inconfortables mettant en jeu sa vie personnelle. J'admire son intelligence et sa sensibilité mais ai peur de ne pas aimer. J'ai acheté le premier numéro de la revue Téléramadan et suis toujours en train de le lire au bout de plus d'un mois, c'est carrément bien. Il y a même des recettes de cuisine trop classes, comme les galettes harcha et le knafe palestinien (revisité par Fadi Kattan), qui sont parfaites à lire si on a envie de fuir la réalité, par exemple le discours autour de l'islam qui, en France en ce moment, atteint des sommets de délire. On dirait que la classe politique et une partie de la presse n'ont rien d'autre à faire que de s'exciter parce que des femmes organisent une virée à la piscine. Je me demande s'ils se rendent compte à quel point ils sont ridicules. Bientôt, être habillée sexy, en plus de manger du porc et boire du pinard, sera obligatoire pour montrer qu'on est une bonne Française. 

5 commentaires:

patoumi a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
patoumi a dit…

Edouard Louis a alimenté de très longs débats avec G. (je crois que je l'ai légèrement soûlé lors de ma courte période pseudo sociologique causée par Retour à Reims). Je pense quand même que la lecture de ses écrits est parfaitement dispensable.

PS: charmante photo de Yasmin et Charles

Camille a dit…

C'est un peu mon impression aussi (que c'est une lecture dispensable). En même temps, Annie Ernaux le défend et j'ai tendance à lui faire confiance (à elle). Une journaliste que j'aime bien disait qu'"Histoire de la violence" est si ennuyeux à lire... Sinon, ça me perturbe un peu, je crois, qu'il écrive sur des choses tellement intimes, douloureuses... Ce besoin de se dévoiler "en public", j'ai du mal à comprendre.

Je n'ai pas lu "Retour à Reims", mais j'aime bcp le titre.

sylvie a dit…

Je suis d'accord avec toi. Cette polémique sur le voile et le burkini qui sont devenus une affaire d'état est affligeante. J'ai été particulièrement choquée par une photo récente (du Monde, je crois) montrant 3 flics sur la plage regardant une femme en train d'enlever son burkini. Le côté voyeur est très déplaisant.
Mais quand on ne débat pas sur la tenue des Musulmanes, on s'empare de l'immigration et c'est encore pire !

Camille a dit…

Merci Sylvie d'être toujours là, ça fait plaisir de te lire.

Je vois la photo dont tu parles, elle est très choquante en effet. Forcer qqn à enlever un vêtement c'est violent. Le contexte politique est vraiment sale en ce moment.