20/01/2014

Une année de lectures (et de tricot)

En décembre, j'ai enfin visité Hanging Rock (mais je n'ai toujours pas vu le film)
Vite vite, avant qu'il ne soit trop tard je me dépêche de faire le point sur mes lectures de l'an passé. 2013 a en effet été une année fastueuse en termes de bouquins puisque j'ai lu un peu plus de quarante livres (beaucoup plus qu'en 2012), et ce probablement grâce au pouvoir magique de la liseuse. J'avoue être, au bout d'un an, toujours absolument enchantée de mon acquisition, au point que j'ai maintenant presque du mal à lire des livres en papier -- c'est moins agréable, moins confortable, moins immédiat. Bien sûr ce n'est pas parfait, un de mes problèmes étant que plein de livres intéressants n'existent pas encore au format électronique, et que les prix sont parfois très exagérés.

Les livres qui m'ont marquée :

- Des recueils de nouvelles : dans le désordre, Jesus' Son de Denis Johnson, Ship Fever d'Andrea Barrett et toutes les nouvelles de Kafka, dans des traductions de Claude David et de Michael Hofmann. Absolument magnifique. J'ai découvert les deux premiers grâce au fil Twitter de l'auteure Laila Lalami, qui regorge de pépites.

- De la non-fiction : pour commencer, le livre sur le Congo de l'historien belge David Van Reybrouck. C'était tellement passionnant que je l'ai lu trois fois, et je n'en reviens toujours pas. Surtout, n'allez pas penser qu'il faut s'intéresser au Congo pour l'apprécier, ce serait vraiment dommage de passer à côté pour une mauvaise raison comme ça. En revanche, il est fort probable que sa lecture déclenchera chez vous un intérêt soudain pour cet énorme pays d'Afrique centrale dont vous ignoriez à peu près tout... Behind the Beautiful Forevers, un reportage de Katherine Boo sur les habitants d'Annawadi, un bidonville situé près de l'aéroport international de Mumbai. Comme Congo, on peut lire ce livre comme une fiction racontant des histoires absolument haletantes, sauf que tout est vrai. The Lives of Animals, une série de textes sur le droit des animaux de mon idole Coetzee et quelques autres. Alors tout d'abord, je ne m'intéresse pas spécialement au droit des animaux, et à vrai dire je ne suis même pas végétarienne, mais justement ce livre ne s'adresse pas particulièrement aux  militants, et en fait il ne cherche pas à défendre un point de vue plutôt qu'un autre, ou à prouver quelque chose. Disons que c'est une réflexion passionnante et très enrichissante sur les rapports entre les hommes et les animaux, sous forme de fictions (les deux nouvelles de Coetzee (qui forment un mini-roman académique) et celle du philosophe australien Peter Singer) et d'essais (par l'historienne des religions Wendy Doniger, la primatologue Barbara Smuts et la théoricienne de la littérature Marjorie Garber). Je lis très peu de philosophie (parce que, il faut bien l'avouer, je n'y comprends en général pas grand chose et que ça m'énerve), mais là j'ai vraiment adoré. No God but God de Reza Aslan, un livre retraçant l'histoire de l'islam depuis les origines jusqu'à aujourd'hui. Là encore c'était captivant, plein d'histoires terriblement intéressantes, et je suis ravie d'en savoir un peu plus sur cette religion sur laquelle on s'excite tellement, le plus souvent sans rien y connaître. Pour finir, Il était sept fois la révolution. Albert Einstein et les autres... d'Etienne Klein, un excellent livre sur les révolutions de la physique au début du XXe siècle qui m'a fait regretter de ne pas avoir une meilleure culture scientifique et Nothing to Envy, une série de témoignages sur la vie en Corée du Nord, recueillis et narrativisés par la journaliste Barbara Demick. Une chose qui, pour moi, ressort particulièrement de tous ces livres de non-fiction, c'est justement leur richesse en histoires et personnages absolument fascinants.

- le roman le plus adorable et charmant : sans hésitations A Map of Home, de Randa Jarrar. Le genre de livre qui vous fait penser : je veux devenir amie avec l'auteure parce qu'elle a l'air tellement drôle, sympathique, pleine de fantaisie, de joie, d'humour et super intelligente. Lisez-le et passez un moment délicieusement trop court.

- le livre antipathique que j'ai quand même aimé : In a Free State, de V.S. Naipaul.

- dans la rubrique "littératures de domaines méconnus" : Les Frères Ashkenazi d'I.J. Singer, classique yiddish écrit par le frère du célèbre I.B. Singer. J'ai été vraiment épatée par ce gros roman aux accents tolstoïens, que j'ai dévoré en quelques jours. J'ai aussi beaucoup aimé le très beau roman du Lybien Hisham Matar, In the Country of Men.

- Si vous lisez régulièrement ces pages vous savez que je suis fanatique de J.M. Coetzee, dont j'ai particulièrement adoré cette année l'autobiographie semi-fictionnelle en trois tomes : Scenes from Provincial Life. Apparemment, Sylvie a aussi beaucoup aimé, ça fait plaisir.

- le livre oublié dont je n'ai parlé nulle part, et qui pourtant était vraiment bien : Open City de Teju Cole, un élégant roman un peu seebaldien (je sais, ça fait snob) qui se passe à New York et à Bruxelles, et qui parle beaucoup de musique. Le narrateur est un psychiatre qui adore marcher en ville.

Enfin, comme on ne peut vivre uniquement d'amour, d'eau fraîche et de bons bouquins, j'ai tricoté deux paires de chaussettes, dont celle-ci (mais dans une autre couleur que sur la photo), un bonnet à jours pour Charles, des chausses et un bonnet pour Thomas, une écharpe en seafoam stitch pour la tante Eva, un cardigan arc-en-ciel pour Gaspard et un cache-cœur gracieux pour une petite fille qui habite à Schaerbeek. Je recommande les patrons et la laine de de rerum natura, et puis Ravelry c'est vraiment génial, d'ailleurs c'est le seul réseau social que je fréquente. Cette année, j'espère continuer à tricoter dans la joie et me mettre sérieusement à la couture, en commençant par cette pochette très chic pour ma liseuse. Du côté de la cuisine, une de mes lubies en 2013 a été de trouver des recettes traditionnelles qui soient naturellement végétaliennes (j'ai même pensé faire un blog juste pour ça) : il y en a certainement plus qu'on ne l'imagine, pour l'instant j'ai particulièrement aimé la soupe au pistou, la délicieuse frita pied-noire, les gnocchi di patate, les pâtes au chou-fleur et l'aloo gobi. Dès qu'il fera un peu moins chaud ici j'essaierai de faire une pompe à l'huile, des panisses et des navettes, je sais déjà que je vais adorer.

Je vous laisse avec la liste complète des livres que j'ai lus, et vous souhaite bien entendu une très bonne année.

PS : Vivre en Australie a complètement flingué mes bonnes habitudes cinéphiliques, mais j'ai quand même adoré Blue Jasmine et vu pas mal de très bons films à la maison, sur petit écran.

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Borges, Jorge Luis, L'Aleph, La demeure d'Astérion, L'Immortel, Requiem allemand, Les théologiens, nouvelles traduites de l'espagnol par Roger Caillois et René L.-F. Durand -- El Aleph, La casa de Asterión, El inmortal, Deutsches Requiem, Los teólogos, 1949

Lowry, Lois, Gathering Blue, 2000

Van Reybrouck, David, Congo. Une histoire, traduit du néerlandais (Belgique) par Isabelle Rosselin, 2012 -- Congo. Een geschiedenis, Amsterdam, 2010 ♥

Willow Wilson, G., Alif the Unseen,  2012

Pasti, Umberto, Jardins. Les vrais et les autres, dessins de Pierre Le-Tan, traduit de l'italien par Dominique Vittoz, 2011

Modiano, Patrick, Fleurs de ruine, 1991

Kästner, Erich, Das doppelte Lottchen, Zürich, 1949 

Ernaux, Annie, Une femme, 1987

Ernaux, Annie, La place, 1983

Winterson, Jeanette, The Daylight Gate, Harrow Books/Hammer, 2012

Klein, Etienne, Il était sept fois la révolution. Albert Einstein et les autres..., Flammarion, 2005

Roubaud, Jacques, Fuji San, publie.net, "Temps réel", 2007

Aira, César, The Seamstress and the Wind, translated from the Spanish by Rosalie Knecht, New Directions Publishing, 2011 -- La costurera y el viento, Beatriz Viterbo Editoria, Rosario, Argentina, 1994

Karski, Jan, Story of a Secret State. My Report to the World, 1944

Cole, Teju, Open City, Random House, 2011

Coetzee, John Maxwell, The Childhood of Jesus, 2013

Tabucchi, Antonio, Pereira Maintains, translated from the Italian by Patrick Creagh, Canongate, 2010 -- Sostiene Pereira, Milano, Feltrinelli, 1994

Collins, Suzanne, The Hunger Games, 2008

Boo, Katherine, Behind the Beautiful Forevers, 2012

Coetzee, J.M., Scenes from Provincial Life (Boyhood, Youth, Summertime), 2011 (1997, 2002, 2009)

Atwood, Margaret, Positron (Episode 1: I'm Starved for You - Episode 2: Choke Collar - Episode 3: Erase Me), Byliner Serials, 2012

Singer, I.J., The Brothers Ashkenazi, translated by Joseph Singer, New York, Other Press, 2010 -- Di brider Ashkenazi, 1937

Nakazawa, Keiji, Barefoot Gen (Volume 2: The Day After), translated by Project Gen, Last Gasp of San Francisco, 2004 -- Hadashi no Gen, 1972-1973

Demick, Barbara, Nothing to Envy -- Love, Life and Death in North Korea, 2010

Marasligil, Canan, Il y avait quelqu'un, il y avait personne, publie.net, "Ouvrez", 2012

Jong, Erica, Fear of Flying, New York, Open Road Integrated Media, 2011 (première édition 1973)

Kakuzo, Okakura, The Book of Tea, Tokyo/Rutland, Vermont/Singapore, Tuttle Publishing, 1956 (première édition 1906)

Jarrar, Randa, A Map of Home, New York, Other Press, 2008

Johnson, Denis, Jesus' Son, 1992

Rowling, Joanne K., The Tales of Beedle the Bard, 2008

Barrett, Andrea, Ship Fever. Stories, 1996

Naipaul, V.S., In a Free State, 1971 

Coetzee, J.M. (et Marjorie Garber, Peter Singer, Wendy Doniger, Barbara Smuts), The Lives of Animals, 1999

Waberi, Abdourahman A., Passage des larmes, 2009

Atwood, Margaret, MaddAddam, 2013

Atwood, Margaret, The Heart Goes Last (Positron. Episode 4), Byliner Serials, 2013

Rushdie, Salman, Joseph Anton: A Memoir, Random House, 2012

Rushdie, Salman, Haroun and the Sea of Stories, Random House, 1990

Ugresic, Dubravka, Karaoke Culture, translated from the Croatian and with an afterword by David Williams, Open Letter, 2011

Kafka, Franz, Ein Landarzt und andere Erzählungen/Un médecin de campagne et autres récits, traduit de l'allemand, préfacé et annoté par Claude David, Paris, Gallimard, "Folio bilingue", 1996 (contient In der Strafkolonie/À la colonie pénitentiaire, 1917 - Ein Landarzt/Un médecin de campagne, 1917 - Ein Hungerkünstler/Un artiste de la faim, 1922 - Josefine, die Sängerin oder Das Volk der Maüse/Joséphine la cantatrice ou Le peuple des souris, 1924)

Aslan, Reza, No God but God - The Origins, Evolution, and Future of Islam, updated edition, Random House Trade Paperbacks, 2011

Gappah, Petina, An Elegy for Easterly, Faber and Faber Ltd, 2009

Matar, Hisham, In the Country of Men, The Dial Press, 2007 (2006)

Kafka, Franz, Metamorphosis and Other Stories, Translated with an introduction by Michael Hofmann, Penguin Books, 2007

03/12/2013

The Garden



Going to the community garden was one of the best decisions I made upon arriving in Adelaide's inner city. It allowed me to meet a group of lovely, eccentric, and uncommonly smart people. Where else can you have conversations about depression, wayward children, and Mexican cooking, along with fruit tree rescue advice from the Fruit Tree Goddess, zucchini fertilization lessons (embarrassing, as you have to physically help them do it), and a complete course on composting? The South West community garden definitely is the coolest of the cool: it doesn't have fences (we don't believe in them), the tomatoes are tied up with used stockings (good-quality ones, preferably black) for a bit of cheekyness, the company is always, always exquisite, as well as very progressive, we stage impromptu welcoming ceremonies for forlorn lemon trees, and we simply have plenty of sub-committees, including some where website designing issues are debated with much heat.

And we grow stuff, of course. Anyone can pick it.

We even have an epic poem.

23/11/2013

Nicotine High



As ever, I am an occasional, infrequent smoker, shamefully relying on the kindness of real smokers who put up with the price of tobacco and the scary images on the packets.

Oxygen deprivation gives me a short, subtle high. The reward of my (more or less) weekly fag crashing.

Otherwise, sock-knitting does a good job.

"Après ceux qui s'affolent, holà,
Voilà ceux qui s'affalent."

So true.

15/11/2013

Jacaranda Explosion


I love this moment when the streets become pale purple, the sun starts to hit, and my skin turns brown. In between, I read the life stories of Somali immigrants in Northern Europe, and this brilliant article about Juliano Mer-Khamis (please read it; it is long but absolutely worth every minute you'll spend on it). It gives me a sudden, imperious flash of inspiration: I want to get high on top-quality weed, and lose all my identities in the process. 

I discuss the idea with my husband. His reaction, while not exactly disapproving, is all about the sharpness of the mind.

I end up buying fresh milk to make paneer tikka masala. The sadness of life.


19/10/2013

David Gilmour contre V.S. Naipaul

David Gilmour est un écrivain canadien dont une interview récente pour le magazine en ligne Hazlitt a déclenché des vagues de protestation indignée. Je n'avais jamais entendu parler de lui et j'avoue n'avoir pas plus envie que ça de le lire, même si je partage son amour d'À la recherche du temps perdu. Au-delà de son absence d'intérêt pour les femmes écrivains en général (mis à part Virginia Woolf), ou les écrivains canadiens en général (mis à part lui-même), je suis surtout gênée par son manque de modestie et son ton péremptoire et peu nuancé. C'est amusant de penser que l'académie Nobel vient, à sa façon, de lui envoyer un soufflet en couronnant cette année une Canadienne.

La liste des quarante et un livres qu'il devrait lire, publiée ici, a été compilée par Roxane Gay, qui l'envisage comme une sorte de réponse aux déclarations fracassantes du romancier sexagénaire. Pourquoi ne pas la prendre comme programme de lecture pour l'année prochaine, par exemple ? Cela ferait un beau défi de lecture sous contrainte.

Puisqu'on en est aux déclarations fracassantes, parlons un peu d'un champion hors catégorie dans cette discipline : Sir "Vidia" Naipaul, auteur anglo-trinidadien d'origine indienne et prix Nobel de littérature 2001, célèbre pour son talent littéraire, son arrogance et son cynisme. Lui aussi trouve qu'aucune femme écrivain ne lui arrive à la cheville (décidément), et bat à plate couture David Gilmour dans le domaine de la provocation retentissante, comme on peut s'en rendre compte en faisant quelques recherches sur lui, à l'instar de la cinéaste sud-africaine Gillian Schutte, qui reçut le grand homme chez elle pour un dîner improvisé et tira de cette mémorable soirée un très chouette compte rendu, que je vous conseille vraiment de lire.
I click on a few Google articles about Naipaul. Golly gee. He appears to have been accused of dimensions of vitriol such as I have never heard before. He has been charged with everything from wife-beating, a predilection for anal sex to disproportionate nastiness. His writing has been lauded as anti-black and he has been known to refer to Africans as wogs.
Bref, si j'appartenais à la mouvance de la droite dure, je dirais qu'il aime à pourfendre la bien-pensance politiquement correcte et le prêt-à-penser des affreux bobos droit-de-l'hommistes, enfin, vous voyez le genre. N'empêche que, depuis longtemps maintenant, j'avais envie de lire In a Free State, roman de Naipaul publié en 1971 et qui obtint, cette année-là, le Booker Prize.

J'ai même fini par en acheter une copie. In a Free State est un livre à la forme hybride, mal définie, puisqu'on pourrait aussi bien le décrire comme un recueil de nouvelles de longueurs variables, dont la plus longue, intitulée In a Free State, atteint la dimension d'un court roman, que comme un roman fragmentaire et désarticulé, dont les chapitres, hormis le premier et le dernier, mettent en scène des personnages différents dans des lieux différents, qui n'ont a priori rien à voir entre eux.

Je lis donc la première nouvelle (ou le récit cadre) d'In a Free State, The Tramp at Piraeus. Je trouve que c'est magnifiquement bien écrit (mais ça, tout le monde, détracteurs et admirateurs, est d'accord pour dire que Sir Vidia écrit trop bien), très fin, très bien raconté, avec, en effet, quelque chose d'un peu méchant dans la façon de considérer les personnages, de parler d'eux. Un manque d'empathie, peut-être ? Mais j'ai envie de continuer parce que c'est vraiment intéressant (dans le genre "j'ai du mal à reposer le livre"). Je passe à la deuxième nouvelle, One among too Many ; là, je suis épatée. Remuée par la voix de Santosh, ce cuisinier, ce domestique comme il se décrit lui-même, qui quitte l'Inde avec son riche patron pour aller vivre à Washington. Le récit de son voyage en avion (il n'a encore jamais pris l'avion) vaut son pesant d'or ; l'arrivée dans la grande ville étrangère, la perte des repères, les sentiments d'exil, d'angoisse, de déracinement sont tellement bien décrits que j'en ai le cœur serré. Et il y a ce détail fabuleux : Santosh, qui ne sort que pour aller au supermarché, passe beaucoup de temps à regarder la télévision ; c'est donc à travers la publicité qu'il découvre les Américains, occupés à récurer leurs maisons dans des pubs pour détergents, si tant bien est que lorsqu'il voit des Américains blancs dans la rue, il se demande s'ils sont là "entre deux pubs".

Le récit (ou chapitre) central, In a Free State, me pose pas mal de problèmes dans la mesure où, effectivement, il se caractérise par un sentiment de cynisme, de mépris et de danger qui me met mal à l'aise. Il se passe en Afrique de l'est, dans un pays non identifié de la région des Grands Lacs (probablement l'Ouganda), et raconte le périple de deux fonctionnaires coloniaux anglais qui rejoignent en voiture leur compound, alors que le pays autour d'eux s'enflamme et entre dans la violence. Il n'y a pas une goutte d'empathie ou de cœur dans ce texte plein de fiel, où tout le monde est profondément antipathique et corrompu. Aucune foi en l'humanité.

Malgré tout, j'ai quand même envie de continuer à lire du Naipaul (peut-être, d'abord, Miguel Street). Sans doute que, comme l'écrit Geoffrey Wheatcroft dans cet essai, "we should by now have gotten over the adolescent idea that great creative artists are necessarily lovable people with heartwarming opinions".

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On a completely unrelated note, je vous signale ce super article de Laila Lalami à propos de The Childhood of Jesus, le dernier roman de Coetzee (que j'ai lu et adoré, j'en parle brièvement ici) ; dans un tout autre registre, des photos du sud de la Chine qui donnent envie de voyager. Enfin, j'ai passé un très bon moment à lire ce génialement drôle billet sur les photos d'écrivains dans la presse (fou rire garanti). Et puis je suis aussi fascinée par ce blog, qui m'a permis de découvrir l'éditorialiste Thomas Friedman, un type un peu dans le genre de David Gilmour pour ce qui est du ton péremptoire et de la confiance en soi écrasante (jugez-en plutôt).